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Paperjam « Ce que le patronat attend du discours sur l’état de la Nation »

À l’approche du discours du Premier ministre sur l’état de la Nation, les fédérations patronales dressent la liste de leurs revendications. Aides fiscales pour l’investissement vert et digital, CovidCheck en entreprise et refonte des projets de loi sur les déchets reviennent notamment sur la table.À l’approche du discours du Premier ministre sur l’état de la Nation, les fédérations patronales dressent la liste de leurs revendications. Aides fiscales pour l’investissement vert et digital, CovidCheck en entreprise et refonte des projets de loi sur les déchets reviennent notamment sur la table.

En amont du discours sur l’état de la Nation prévu le 12 octobre , les différentes fédérations patronales ont dressé la liste de leurs revendications. Certaines se rejoignent, d’autres sont spécifiques aux différents secteurs.

Indépendants et main-d’œuvre

Dans l’artisanat, on espère ainsi entendre Xavier Bettel (DP) annoncer une revalorisation du statut de l’indépendant. «Le gouvernement doit assurer l’égalité de traitement entre indépendants et salariés concernant le salaire de remplacement, la sécurité sociale et le droit du travail», explique Ernest Pirsch, président de la Fédération des artisans (FDA).

La problématique la plus pressante reste cependant le manque de main-d’œuvre. La demande est donc forte pour «investir dans la formation professionnelle» et «éviter chaque charge supplémentaire, comme le projet d’introduire cinq jours de congé formation obligatoire par an et par salarié».

Des efforts sont également souhaités pour éviter que l’État et les communes débauchent les salariés qualifiés des entreprises artisanales, via des salaires jugés trop attractifs par Michel Reckinger , président de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL).

Côté logement, la fiscalité doit faire partie des moyens mis en oeuvre pour mobiliser les terrains selon Ernest Pirsch. Il s’agirait aussi de «simplifier de manière significative les procédures d’autorisation» pour les constructions.

La rentabilité des entreprises sera un autre dossier attendu. «Elles doivent composer avec les suites de la pandémie et investir dans leurs infrastructures, l’énergie, la digitalisation», rappelle Ernest Pirsch. Celui-ci propose de «commencer par une analyse approfondie du phénomène». Avant de réfléchir à des aides fiscales pour les investissements dans le green et le digital. Sur le climat, il espère également une feuille de route précise.

L’espoir de mesures fiscales

L’industrie rejoint l’artisanat sur ce point. René Winkin , directeur de la Fedil, souhaite en effet «l’annonce de deux mesures fiscales ciblées sur la décarbonisation et la digitalisation». Comme «une super-déduction lorsqu’on investit dans ces domaines».

Il ajoute que «le gouvernement a fixé des objectifs climatiques. Nous attendons qu’il explique concrètement les mesures qui doivent être prises pour les réaliser.» Sa fédération a d’ailleurs dressé une liste de neuf propositions sur le sujet.

Il veut que «le gouvernement se rende compte que le carcan administratif réglementaire sur les entreprises dépasse le ‘gérable’» et qu’il propose un «plan d’action pour l’alléger». Il n’y a pas une mesure spécifique plus difficile à appliquer que les autres, mais il s’agit d’une accumulation de petites choses, selon René Winkin. Il cite par exemple les règles sur la protection des données, la nécessité de connaître l’origine des produits de la part de tous les fournisseurs …

Enfin, il aimerait des «mesures pour permettre un retour graduel à la normale dans les entreprises», comme un régime CovidCheck . «Nous ne pouvons pas continuer à travailler comme en mars 2020 et demander à 80% des employés de porter un masque, respecter les distances ou travailler depuis chez eux, alors que nous avons la vaccination et les tests.»

Déchets et sécurité sociale

La Confédération luxembourgeoise du commerce (CLC) s’inquiète toujours, quant à elle, des projets de loi sur les déchets. Son directeur, Nicolas Henckes , estime qu’ils ne prennent pas en compte les réalités du terrain. «Peut-être que le Premier ministre pourrait annoncer que ces textes seront revus», avance-t-il.

La question de la sécurité sociale des chauffeurs frontaliers reste elle aussi en suspens. Ils doivent s’affilier à celle de leur pays de résidence lorsqu’ils y passent plus de 25% de leur temps de travail, ce qui devient vite le cas pour les Français, Belges et Allemands dans un pays de la taille du Luxembourg . «Nous attendons des résultats du gouvernement dans le cadre de ses négociations avec les pays voisins .»

Voilà sans doute, pour le Premier ministre, matière à approfondir sa réflexion.

 

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