Le 28 juin prochain, plusieurs syndicats appellent à manifester contre le gouvernement et ses réformes annoncées. Ils prétendent défendre la solidarité, la démocratie et la justice sociale. Mais
derrière ces expressions, se cache une réalité bien différente. C’est moins un combat pour le bien commun qu’une défense de la situation actuelle devenue insoutenable.
C’est une crise économique, pas sociale
Le Luxembourg connaît en ce moment des difficultés économiques, marquées par la croissance qui ralentit, la perte de compétitivité, une baisse des investissements, notamment dans le logement, et une productivité en baisse. Face à ces défis, il est dangereux de faire croire que notre modèle social pourra tenir sans réformes nécessaires. Il n’y a pas de crise sociale : nous avons des règles claires, une protection sociale solide et des aides importantes. Ce qui risque de s’effondrer, c’est notre capacité à payer ce système à l’avenir.
L’immobilisme des syndicats pénalise les jeunes générations
Le refus complet de toute réforme des retraites montre un manque de solidarité envers les jeunes. Les syndicats veulent garder leurs avantages, tout en fermant les yeux sur le déclin inévitable du système si rien n’est fait. Les réserves diminuent, le nombre de travailleurs qui cotisent baisse et les dépenses augmentent. Il est temps de garantir une retraite digne aux jeunes d’aujourd’hui, et non de leur laisser une dette qu’ils ne pourront pas payer.
Une crise de la représentativité
Les dernières élections sociales ont montré que les syndicats sont de moins en moins en phase avec les travailleurs : trois quarts des salariés n’ont voté pour aucun syndicat, et la plupart des représentations du personnel ne sont pas liées à un syndicat. Pourtant, les syndicats veulent garder le monopole de la négociation, refusant que les entreprises adaptent certaines règles en discutant directement avec leurs employés. Cela bloque le dialogue social et freine la modernisation et la compétitivité de notre économie.
Pour un vrai dialogue social – sans conditions imposées
Nos organisations croient au dialogue social, mais seulement s’il est sincère, équilibré et respecte les institutions démocratiques. Trop souvent, les appels au dialogue sont juste un écran de fumée pour imposer une vision à sens unique : un syndicalisme qui ne veut pas être une voix parmi d’autres, mais qui veut tout diriger.
Cette envie de tout contrôler n’est pas compatible avec une démocratie moderne. Les syndicats ne peuvent pas remplacer les élus, ni imposer leurs idées aux autres parties comme condition pour avancer. Le dialogue social doit être un espace ouvert, où chacun écoute et accepte de prendre ses responsabilités.
Le dialogue ne veut pas dire se soumettre. Il demande de l’écoute et une volonté d’avancer ensemble. Ceux qui refusent de changer et ne veulent pas prendre de responsabilités ne peuvent pas décider de l’avenir du pays.
Des entrepreneurs engagés, mais découragés
Nos membres – des PME qui représentent plus de 200.000 emplois dans ce pays – sont les fondations de notre économie. Ils se sentent souvent ignorés. Ils font face à une lourde administration, à une concurrence parfois injuste, à des difficultés pour recruter du personnel et à des incertitudes qui freinent l’investissement. Ils demandent des solutions et pas qu’on leur impose un modèle unique venant de syndicats déconnectés de la réalité.
Repenser le dialogue social
Il est urgent de redonner du sens au dialogue dans les entreprises, entre les personnes concernées. La concertation locale est plus efficace, plus juste et plus moderne. Elle correspond aussi aux attentes d’une nouvelle génération de chefs d’entreprise qui voient leur rôle non plus comme un chef autoritaire, mais comme un manager, un bâtisseur, un facilitateur.
Mobilisation pour quoi faire ?
Le 28 juin, c’est une mobilisation pour que rien ne change. Pour continuer à faire comme avant. Pour protéger des privilèges au détriment de l’intérêt collectif. Ce n’est pas ainsi que nous construirons l’avenir du Luxembourg.
Luxembourg Confederation, la Fédération des Artisans et la Horesca soutiennent les réformes nécessaires et appellent les élus à ne pas céder aux pressions. Gouverner, c’est choisir.
Carole Muller, Luxembourg Confederation
Luc Meyer, Fédération des Artisans
Alain Rix, Horesca