Dans le contexte d’une transformation structurelle des soins de santé au Luxembourg, le virage ambulatoire s’impose comme un changement de paradigme majeur. En privilégiant les soins réalisés hors de l’hôpital lorsque l’hospitalisation n’est pas nécessaire, cette approche vise à améliorer la qualité des soins, à désengorger les structures hospitalières et à renforcer l’autonomie des patients. Luxembourg Confederation s’est entretenu avec les représentants des trois laboratoires privés membres de la FLLAM (Fédération Luxembourgeoise des Laboratoires d’Analyses Médicales) pour mieux comprendre leur rôle dans cette évolution stratégique : Dr Jean-Luc Dourson (Bionext), Dr Caroline Scheiber (Ketterthill) et Dr Stéphane Tholl (Laboratoires Réunis).
Le virage ambulatoire, ça impose en fait une redéfinition de l'organisation des soins et du parcours patient et une rationalisation de l'offre par rapport aux besoins nationaux et transfrontaliers.
- Dr Jean-Luc Dourson, Bionext
Une évolution nécessaire et structurelle du système de soins
Le virage ambulatoire ne consiste pas à retirer des soins, mais à les repenser. Comme le souligne Jean-Luc Dourson, « le virage ambulatoire, ça impose en fait une redéfinition de l’organisation des soins et du parcours patient et une rationalisation de l’offre par rapport aux besoins nationaux et transfrontaliers. » Cette réorganisation du parcours de soins s’inscrit dans le cadre du Plan Hospitalier National et des objectifs européens de transformation des systèmes de santé. L’objectif est clair : réduire les hospitalisations inutiles, renforcer la médecine de proximité et optimiser l’allocation des ressources. Dans cette logique, les laboratoires privés ont toute leur place. Ils contribuent activement à la prévention, aux soins de proximité, au diagnostic précoce et au suivi des pathologies chroniques – autant d’éléments clés pour un système de santé plus efficace.
Les laboratoires privés peuvent intervenir très en amont. Ils permettent d’éviter certaines consultations médicales, allégeant ainsi la charge des médecins… et, à terme, les dépenses de santé publique.
- Dr Caroline Scheiber, Ketterthill
Des acteurs engagés sur tout le territoire
Présents sur l’ensemble du territoire luxembourgeois, les laboratoires membres de la FLLAM jouent un rôle clé dans le maillage sanitaire du pays. Une proximité géographique qui facilite l’accès aux soins, comme le rappelle Caroline Scheiber : « Comme l’a dit la ministre, il faut exploiter le potentiel existant. Un partenariat public-privé est tout à fait envisageable, grâce à l’implantation des laboratoires privés partout dans le pays. »
Mais leur mission ne s’arrête pas là. Bien plus que des prestataires, ces structures sont aussi des acteurs de la prévention. « Les laboratoires privés peuvent intervenir très en amont. Ils permettent d’éviter certaines consultations médicales, allégeant ainsi la charge des médecins… et, à terme, les dépenses de santé publique, » poursuit-elle.
Les services des laboratoire privés sont également moins coûteux. Au niveau de la CNS, ils ne représentent que 2 % des dépenses.
- Dr Stephane Tholl, Laboratoires Réunis
